Les lichens de nos jardins n’attirent pas particulièrement l’attention, pourtant ils sont présents au sol comme sur les murs et bien sur dans les arbres dont ils couvrent les branches au fil du temps. « Lichen » vient du latin qui l’a lui-même emprunté au grec leikhên, qui veut dire « lécher », à cause de la façon qu’ont ces végétaux de s’accrocher aux rochers ou aux arbres sur lesquels ils poussent.
Bien qu’il y ait une infinité d’espèces de lichens sur la planète, on connaît encore relativement peu ce groupe de plantes qui se situent à mi-chemin entre le champignon et l’algue, ou plutôt qui sont le produit de l’un et de l’autre, avec tous les avantages que cette union comporte, notamment celui de secréter des substances inconnues des deux autres. Les lichens n’ont pas de feuilles, ni de tiges, ni de pores et n’ont pas non plus de racines. Ils se nourrissent, sans protection, de tout ce que leur offre leur environnement. Ils absorbent l’eau de pluie, les sels minéraux et les polluants atmosphériques, plus facilement en périodes humides. L’algue capte la lumière, le champignon retient l’eau, les sels minéraux et les polluants. Même si les lichens se déshydratent pendant les périodes de sécheresse, il reprennent facilement dès les premières pluies.
Fort résistants, ils ont la capacité de résister à de très fortes dessiccations et peuvent également survivre à des variations de température importantes (de -70 à +70 °C !). Cette extraordinaire résistance voisine paradoxalement avec une sensibilité extrême à la pollution atmosphérique. Les mousses sont tuées par le cuivre, même à très faible dose. Quant aux lichens, ils ne supportent pas le dioxyde de soufre (l’ère industrielle a d’ailleurs causé la disparition de nombreuses espèces sensibles, particulièrement en forêt).
Les spécialistes considèrent aujourd’hui ces végétaux comme d’intéressants indicateurs de pollution dans le suivi des écosystèmes terrestres. Leur observation et leur suivi permettent de connaître la diffusion d’une large palette de polluantsSi vos arbres sont couverts de lichens, réjouissez-vous : c’est le signe d’un air préservé !
Sont-ils mauvais pour les arbres ? La réponse est non. Mousse et lichen ne parasitent pas les arbres et les arbustes sur lesquels ils se développent. Ils n’empêchent pas l’écorce de jouer son rôle; ils ne pénètrent pas dans les tissus de l’arbre (tel le gui) pour puiser dans les ressources du bois vivant.
A la vérité, ils affectionnent plutôt les vieux arbres, poussant peu et à l’écorce rugueuse. D’où leur apparition sur des arbres qui dépérissent… D’où les soupçons qui planent sur eux ! On leur reproche aussi de servir d’abri aux insectes hivernant et aux champignons microscopiques vecteurs de maladies. Ca n’est pas faux. Ils peuvent en tous cas dissimuler au regard ceux qui se nichent dans les anfractuosités de l’écorce.
Mais pour quelques parasites protégés, combien d’organismes utiles à la vie du jardin, à commencer par les oiseaux insectivores ? Si vous ne constatez pas de problèmes lourds dans votre verger ou votre jardin, peut être pouvez-vous songer à épargner ces êtres vivants et à consacrer votre temps à d’autres tâches de jardinage ?
Si vous décidez néanmoins de faire un peu de nettoyage, ne serait-ce que parce que vos arbres sont véritablement envahis, privilégiez absolument les brosses en paille de riz ou en poils en plastique dur. Le résultat sera moins « net » qu’avec une brosse métallique, mais avec cette dernière, difficile de ne pas blesser l’écorce en appuyant un peu trop fort… Valorisez votre opération nettoyage en coupant les bois morts et en surveillant l’état sanitaire de votre arbre, qui peut avoir besoin d’un curetage puis mastication de plaies de taille mal cicatrisées.
Ah…j’allais oublier : les lichens servent à la teinture végétale depuis des siècles. En général, plus difficiles à extraire que ceux des plantes vasculaires, leurs pigments sont par contre plus résistants à la lumière et à l’eau. Ce sont eux qui donnent aux tweeds irlandais et écossais ces tons si particuliers de lande anglaise à l’automne.
Origine d’Amérique du Sud et débarqué en Europe après les voyages de Christophe Colomb, le potiron appartient à la famille des cucurbitacées où se mêlent melons, concombres, pastèques et courges.
Il ne faut pas confondre les potirons et les citrouilles qui appartiennent à deux espèces différentes. La citrouille est de forme ronde et de couleur orange. Son pédoncule est dur et fibreux, avec cinq côtés anguleux, sans renflements à son point d’attache.
Sa chair est filandreuse. C’est elle que l’on utilise à Halloween.
Le potiron est plus ou moins aplati et arborent des formes différentes : oblongue, en poire, en toupie ou en turbans et de toutes les couleurs de l’orange rougeâtre au vert foncé. Son pédoncule est tendre et spongieux, cylindrique et évasé près du fruit. La chair du potiron est plus sucrée, savoureuse et moins filandreuse que celle de la citrouille; sa peau épaisse cache une chair savoureuse et riche en béta-carotène, qui lui donne sa belle couleur safranée. Le potiron possède des grandes feuilles et de belles fleurs jaunes campanulées.
Composé presque exclusivement d’eau (plus de 92 %), le potiron n’est, par conséquent, ni très énergétique, ni très calorique (20 kcal pour 100 g), mais s’avère par contre très efficace dans la prévention de calculs rénaux. Riche en potassium (323 mg pour 100 g), il est excellent pour la régulation de la pression artérielle et la transmission de l’influx nerveux au cerveau, ce qui en fait un allié idéal contre l’hypertension. De par sa faible teneur en sodium, il convient parfaitement aux régimes sans sel, sa consommation participant, entre autres, à un bon fonctionnement intestinal et à la diminution du risque de certains cancers et maladies cardio-vasculaires.
On peut les préparer de très nombreuses manières comme légume ou comme dessert : en soupe, en purée, en gratin, en tarte, en tourte, en confiture….et même en glace !
Avec ses 250 espèces, le camélia est la fleur idéale pour fleurir votre coin de nature toute l’année. En alternant dans vos plantations les camélias d’hiver et les camélias d’automne appelés aussi « Sasanqua », votre espace restera fleuri et parfumé en permanence.
Surnommé « rose » pour sa beauté, le camélia appartient à la famille des Théacées, comme le thé. La confusion entre ces deux plantes serait d’ailleurs à l’origine de l’introduction du camélia par les Anglais, au grand dam des buveurs de thé, mais pour le plus grand bonheur des passionnés de fleurs, comme Joséphine de Beauharnais qui en lança la mode en France.
Du blanc pur au pourpre intense, en passant par des déclinaisons de vert, de rose ou de violet, cette plante de terre de bruyère propose presque autant de teintes que de variétés. Le cœur de la fleur abrite une myriade d’étamines dorées, symbole de générosité pour les samouraïs qui la prirent comme emblème.
La variété « Camellia Japonica« , fruit d’une longue sélection effectuée en Extrême-Orient, est l’espèce la plus classique en France. « Bow Bells » permet d’avoir une floraison particulièrement longue, le « Donation » croule sous une masse de fleurs, le « Gloire de Nantes » procure un parfum enivrant, tandis que le « Freedom Bell » ou l’ « Inspiration » offre des des fleurs de grande taille…
Les camélias apparaissent en jardinerie dès le mois de janvier. Choisissez-les plutôt en fleur qu’en boutons pour être certain de leurs nuances et sachez par ailleurs que le camélia se plante même au milieu de sa floraison.
Renseignez-vous sur les différentes variétés afin d’adapter votre choix en fonction de votre climat. Certaines espèces, comme les Williamsi ou les Japonica résistent jusqu’à -15°C.
Cerise sur le gâteau, l’huile de camélia nourrit, protège et adoucit la peau…
Si vous faites du feu dans la cheminée comme ici au Relais du Vert Bois, pensez à garder la cendre de bois. Incorporée au sol, cette dernière apporte quantité de bonnes choses : du calcium sous forme de chaux (20 % à 50 %), de la potasse (2 à 9 %), de la silice (14 %), du magnésium (1 à 4 %), du phosphore (0,5 à 2 %), mais pas d’azote.
Il est recommandé d’utiliser cet amendement avec modération, surtout si vous ne savez pas ce qui a été brûlé pour donner ces cendres. Celles du charbon, de l’aggloméré, du contreplaqué, des bois peints ou traités qui, toutes, contiennent des substances toxiques et polluantes sont à proscrire.
Il n’y a pas de norme ni d’études suffisantes définissant les doses à épandre selon le type de culture. Il convient toutefois d’être prudent car les cendres, très fines, peuvent asphyxier la terre, nuire à sa structure et à sa perméabilité. Elles contiennent aussi de la chaux qui, en excès, détruit les réserves d’humus et d’azote assimilable par les plantes. Il vaut donc mieux privilégier le « un peu partout » au « beaucoup sur une petite surface ».
Autre usage au jardin : lorsqu’on veut éloigner les limaces et escargots, on répand de la cendre en fortes proportions aux endroits qu’elles fréquentent. Elles ne franchissent pas cette barrière qui assèche leur bave !
Fleur d’or : telle est la signification de chrysanthème en grec, la plante ressemblant, à l’origine, à une petite marguerite jaune. Elle fut cultivée d’abord par les Chinois avant d’être introduite au Japon et devenir l’emblème de la maison impériale en tant qu’emblème solaire, par sa couleur et sa forme.
Cousine du tournesol et du dahlia, le chrysanthème ressemble tantôt à un pompon, tantôt à un chou à la crème, voire à un plumage d’oiseau à une anémone !
Bien loin de l’image traditionnelle réservée à une fleur de cimetière, le chrysanthème est devenu au fil des dernières années un feu d’artifice cosmique illuminant jardins et balcons jusqu’aux gelées…
Peu exigeant, jamais malade, résistant à la sécheresse, renaissant de sa souche après un grand froid…le figuier peut vivre jusqu’à 300 ans !
Avec son feuillage ample, découpé et vert brillant qui se déploie tardivement au printemps, cet arbre trouve sa place dans toutes les régions : au Nord comme au Sud. Ses fruits se déclinent en une large palette de couleurs lorsque le soleil les teinte de vert tendre, de jaune beurre, de pourpre, de violet ou de noir.
Leur rondeur, leur souplesse, leur chair sucrée, chaude et moelleuse sont un appel irrésistible à la gourmandise. Fruits de santé, on aime les figues juste cueillies sur l’arbre, mais aussi en entrée pour les plats sucrés-salés, sans compter les confitures parfumées ou sous une forme séchée pour ensoleiller les papilles l’hiver… Grand amateur de figues, Louis XIV fit planter 700 arbres au Potager du Roi du château de Versailles.
En plantation, préférez un endroit ensoleillé dans la journée à l’abri des courants d’air froids. Le figuier préfère les sols légers et fertiles, plutôt bien drainés. Il existe plusieurs variétés de figuiers en fonction de la région de plantation.
L’automne approchant, le feuillage de celui qu’on appelle communément l’arbre au Caramel prend sa parure de fin de saison et offre une incroyable palette de couleurs.
Ses feuilles en forme de cœur aux très beaux coloris s’offrent aux regards : bronze au printemps, puis vert vif et enfin jaunes et pourpres en automne.
Le feuillage exhale en ce moment une fragrance très soutenue de caramel, bien peu commune dans le règne végétal.
Peu exigeant l’arbuste se plaira en sol frais et riche (il craint les sols calcaires) au soleil ou à mi-ombre.
En hiver, vous apprécierez une élégante silhouette dénudée et ses rameaux curieusement arqués.
On a longtemps cru que la Nectarine et le Brugnon étaient les fruits d’un croisement entre le pêcher et le prunier ou l’abricotier et qu’ils seraient une création relativement nouvelle, façonnées de la main de l’Homme.
Faux ! Des découvertes récentes ont prouvé qu’ils existaient en Chine il y a plus de 2000 ans. Ces deux fruits sont donc le résultat d’une mutation naturelle du pêcher : nectarines et pêches peuvent même pousser sur le même arbre !
Tous deux se distinguent de la pêche par leur peau lisse et brillante. La seule différence notoire entre la nectarine et le brugnon est la chair. Celle du brugnon adhère au noyau tandis que la chair de la nectarine se détache facilement.
Il existe 22 variétés de nectarines et brugnons à mâturation entre juin et septembre. En terme de conservation, mieux vaut éviter de les garder au réfrigrérateur : conservez-les dans un compotier placé dans un endroit frais.
Certaines variétés peuvent être cultivées au Nord de la Loire comme c’est le cas ici en Normandie.
Le tas de bois constitue un vrai refuge pour de nombreuses espèces du jardin, qui viennent y faire leur nid, s’abriter des intempéries ou se préparer à passer le prochain hiver. Associé à des brindilles et des feuilles mortes, il assure un abri bien confortable !
Les coccinelles s’installent par exemple entre les bûches de bois morts, pour l’hiver, attendant le retour des beaux jours pour se dégourdir les ailes et dévorer les pucerons du jardin.
Les grenouilles, les crapauds ou les tritons viendront aussi se mettre à l’abri pour l’hiver si le tas de bois n’est pas trop éloigné d’une mare ou d’un ruisseau.
Le hérisson est aussi un visiteur bien connu des tas de bois, qui vient y faire son nid et élever ses petits. Un sacré coup de pouce pour les jeunes hérissons, pour qui l’hiver est très souvent fatal ! Enfin, le tas de bois mort accueille aussi des jeunes pousses, lichens et mousses.
Le tas de bois mort constitue une source de nourriture importante pour tous les insectes mangeurs de bois (appelés xylophages), notamment, les coléoptères, comme le lucane cerf-volant, une espèce protégée au niveau européen. Très souvent, ce sont les larves qui sont xylophages. Les insectes pondent leurs œufs dans le bois. Dès l’éclosion, les larves trouveront ainsi toute la nourriture nécessaire pour leur développement.
En accueillant ces espèces qui participent à la décomposition des matières végétales dans votre jardin, vous favorisez la formation d’humus et le bon renouvellement des sols. Mais n’ayez crainte, ces insectes ne s’attaquent pas au bois vivant ! Aucun risque donc pour vos vergers ou arbres de plein vent !
Le tas de bois mort laissé dans votre jardin sera aussi rapidement colonisé par les mousses, champignons, insectes et autres petits invertébrés. C’est pourquoi vous pourrez y observer aussi oiseaux, batraciens ou petits mammifères qui se délectent des vers, limaces, escargots, champignons, fourmis, carabes, chenilles ou autres araignées. Citons par exemple le pic vert ou le crapaud commun qui visitent fréquemment les tas de bois mort à la recherche de nourriture.
Si comme au Relais du Vert Bois, vous désirez faire de votre jardin un lieu d’accueil pour « le vivant » partez à la découverte du livre « Mon Jardin Paradis » de Gilles Leblais qui vous donnera les clefs pour faire de votre pelouse fleurie, votre tas de bois, votre mare… un refuge de nature. De bons conseils à suivre et à mettre en oeuvre dans son jardin pour préserver la biodiversité.
Grappes rouges, roses ou blanches, c’est l’époque des groseilles dans les jardins. En Normandie, on l’appelle « grade » ou « cade », « raisnet » en Suisse et « gadelle » ou « guédelle » au Canada…La groseille compte une centaine d’espèces (à fleurs, à grappes, à maquereau, etc.) et elle a acquis ses lettres de noblesse à Bar-le-Duc, sous forme de confiture dont chaque grain est épépiné à la plume d’oie.
Au Relais du Vert Bois, nous avons une dizaine de variétés de groseillers dont les récoltes s’échelonnent de juin à août. Riche en pectine, la groseille s’accomode particulièrement bien en gelée et en sirop, additionnée de sucre pour compenser son acidité. Décorative sur une tarte, elle se marie aussi bien aux mets sucrés que salés.
Côté santé, la groseille est gorgée d’eau (donc désaltérante), très peu sucrée (pauvre en calories), et chargée de minéraux et d’oligoéléments (potassium, calcium, phosphore, fer, zinc et fluor). Très riche en vitamine C et en pigments flavonoïdes bons pour la circulation, la groseille est un antioxydant des plus efficaces ! En d’autres mots…vive la groseille !